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LA QUATRIÈME RÉVOLUTION INDUSTRIELLE, par K. SCHWAB, aux éditions DUNOD ***

9782100759675-001-XVoici une livre qui offre un regard holistique sur la quatrième révolution industrielle. Il pourrait d’ailleurs s’appeler « Réflexion sur l’évolution de nos sociétés ultra-connectées et ultra-médiatisées ».

Ce qui rend cet ouvrage singulier, c’est que l’auteur n’est autre que Klaus Schwab, le fondateur du World Economic Forum de Davos. Grâce à son expertise économique avérée, il nous offre une analyse pertinente des bouleversements actuels et futurs, en tenant compte des enjeux sociétaux, économiques, politiques et culturels. De plus, sa formation d’ingénieur lui permet de maîtriser également les aspects technologiques qui sont à l’origine de cette révolution.

J’ai particulièrement apprécié le discours réaliste et équilibré de Klaus Schwab qui contrebalance équitablement les avantages et les risques de la digitalisation de notre société. Si son tempérament optimiste le pousse à mettre en avant les gains que cela va apporter sur la pénibilité du travail, il n’occulte toutefois pas les risques de segmentation de la population entre les individus bien formés possédant le capital, et ceux qui sont moins bien formés et qui comptent uniquement sur le revenu de leur travail.

Comme il le mentionne très justement, des milliards d’individus n’ont pas encore accès aux services et aux équipements de la première révolution industrielle, comme l’électricité, l’eau et l’assainissement. Tous les pays ne vont donc pas profiter de cette évolution de manière équivalente, même si certains d’entre eux pourront tout-de-même bénéficier de quelques sauts technologiques rapides comme c’est le cas avec la communication téléphonique sans fil.

Si l’auteur croit au bienfait du progrès pour améliorer la condition humaine, il admet que ce sont bel et bien les pays industrialisés qui récolteront les principaux fruits mûrs par leur capacité à maîtriser et à investir massivement dans ces nouvelles technologies.

Klaus Schwab s’interroge également sur les métiers à risques et ceux qui devraient se développer grâce à l’arrivée de l’automatisation à outrance et à l’utilisation de l’intelligence artificielle. Ce point mérite réflexion, car ce ne sont pas uniquement les caissières du supermarché d’à côté qui sont concernées par cette évolution. Les radiologues, les avocats, les médecins, les assureurs ou encore les journalistes sont également menacés par ces changements, car leurs tâches répétitives et spécialisées peuvent parfaitement être réalisées par une intelligence artificielle automatisée.

Plus problématique encore sont ces nouvelles plateformes qui nous offrent presque gratuitement des services qui nous facilitent grandement la vie, comme c’est le cas avec Uber et Airbnb. A premier abord, ces services sont bénéfiques pour les utilisateurs. Mais comment comptabiliser leur impact sur le travail et sur la précarisation des travailleurs qui se mettent à leur propre compte pour offrir leurs services à faible valeur ajoutée ? Et quel est l’impact de ces modèles d’affaires sur le PIB ?

Je m’associe bien volontiers à la conclusion de Klaus Schwab, qui nous demande de nous impliquer dans cette transformation sociétale pour influencer son évolution dans le sens que nous désirons, en impliquant toutes les parties prenantes, plutôt que refuser de la voir en face pour ensuite en subir les conséquences négatives. C’est d’ailleurs le but de ce livre qui nous fourni un grand nombre d’éléments de réflexion dans les thèmes sociétaux, économiques, technologiques, mais également au niveau des rapports humains, de la gestion des Etats et de la sécurité internationale.

Concernant les entreprises, le motto actuel n’est autre que « adapte toi vite ou meurt ! ». Pour répondre à ce changement de paradigme et à ces bouleversements complexes et interdépendants, nos entreprises doivent mettre en place des hiérarchies flexibles, des organisations capables de maîtriser leur écosystème évolutif, des veilles actives aptes à prévenir les disruptions commerciales, des stratégies innovantes pour attirer et garder les talents et encore des tactiques sophistiquées pour valoriser et entretenir la confiance des partenaires stratégiques. Il faut être très attentif à tout cela, car comme nous le voyons dans la capitalisation des grandes entreprises actuelles, il semble que les gagnants raflent tout!

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