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IoT, L’ÉMANCIPATION DES OBJETS, par F. NÉMETI, G. PAULETTO, D. DUAY ET X. COMTESSE, aux éditions G D’ENCRE ***

internet-of-things-emancipation-des-objetsJe tiens à recommander la lecture de cet ouvrage pour deux raisons. La première, c’est qu’il s’agit d’un livre rédigé et imprimé localement, estampillé d’un label Suisse romand. La seconde, c’est en raison de son contenu riche en information, transcrivant tout ce qu’il est nécessaire de savoir sur la thématique de l’IoT (Internet of Things en anglais, soit Internet des Objets en français). C’est le livre idéal pour l’entrepreneur qui souhaite maîtriser rapidement les fondamentaux de cette thématique, avec la mise à disposition d’une feuille de route pertinente pour l’accompagner dans la transformation de son organisation.

Ce livre est en fait le quatrième opus d’une série dédiée à l’évolution de la manufacture, aux leviers de croissance offerts par l’ère du numérique, à la compréhension du pouvoir des data et finalement à l’émergence de l’Internet des Objets.

Pour ceux qui ne le savent pas encore, l’IoT fait référence à ce que nous voyons se développer tout autour de nous, avec des objets connectés qui exécutent des tâches de plus en plus complexes et intelligentes. Les objets peuvent être connectés à travers Internet, via des plateformes informatiques distantes, mais également reliés directement entre eux par des connections filaires ou hertziennes.

L’objet connecté de référence n’est autre que notre smartphone qui embarque un grand nombre de capteurs et d’interfaces, capable d’effectuer lui-même une quantité incalculable de fonctions et de services. Mais bien plus largement, chaque objet de notre monde actuel est en train d’être évalué pour savoir comment il pourrait générer davantage de valeur en lui ajoutant des fonctionnalités connectées. C’est le cas des voitures, des téléviseurs, des machines à café, des machines à laver, des réfrigérateurs, des lunettes ou encore des montres, pour n’en citer qu’une petite partie. On parle en fait de plusieurs dizaines de milliards d’objets qui seront connectés dans un horizon de quelques années seulement. Mieux vaut donc se préparer à cette déferlante annoncée!

En fait, nous avons affaire à un progrès technologique majeur qui est en train de modifier considérablement nos habitudes de vie, tout comme l’a fait l’électricité, l’automobile, la télévision ou encore l’informatique.

Même si les idées les plus folles peuvent être maintenant réalisées, ce sont bien les innovations qui apporteront une réelle plus-value qui résisteront au verdict des usagers qui souhaitent se faciliter la vie et se débarrasser des tâches répétitives.

Si certains objets sont en interaction directe avec l’homme, la plus grande partie des objets communiqueront directement entre eux, échappant ainsi à notre attention. Cet échange inter-objet représentera même la plus grande consommation de données qui transitera dans les airs et dans les réseaux câblés.

Dans ce livre, vous comprendrez non seulement les enjeux de cette transformation digitale qui s’oriente vers un monde totalement connecté, mais vous recevrez également un excellent aperçu des briques technologiques qui le compose, comme le fonctionnement et l’utilité des capteurs, des réseaux, des données, des plateformes cloud, de l’intelligence artificielle, du blockchain ou encore du big data. Vous y trouverez encore des comparatifs entre les différentes technologies existantes et les principaux acteurs de ce secteur d’activités, sans oublier de se référer à ce qui se passe de l’autre côté des océans Atlantique et Pacifique.

Naturellement, le domaine de la santé est largement abordé dans cet ouvrage puisqu’il touche à la fois un élément central de nos préoccupations vitales et un pan entier de notre économie qui va être bouleversé par la déferlante de l’IoT. En effet, une médecine largement automatisée se profile devant nous avec l’utilisation de l’intelligence artificielle pour traiter des milliards de données issues à la fois des patients et des bases de connaissance mondiales. Cette intelligence sera capable de fournir des diagnostics quasi instantanés depuis n’importe quel endroit de la planète et à n’importe quel moment. Les données nécessaires au bon fonctionnement de cette médecine complémentaire seront abondamment complétées par celles qui proviendront de nos bracelets connectés et des capteurs qui se logeront progressivement dans notre corps.

Ne se contentant pas de décrire et d’expliquer ce que nous pourrions constater par nous-mêmes, les auteurs de ce remarquable ouvrage nous font part de leurs prédictions concernant l’évolution de ce monde connecté. Ils se positionnent sur le devenir de la montre connectée, des vêtements connectés, de la réalité augmentée et virtuelle, du développement des smart cities, de la voiture connectée, des bots ou encore de la disparition annoncée des serrures. C’est un voyage qu’il vaut la peine de partager avec eux et durant lequel j’ai souvent reconnu la griffe de X. COMTESSE qui n’est pas à son premier coup d’essai dans ce thème qu’il maitrise à la perfection.

Bref, vous l’aurez compris, l’innovateur suisse romand que vous êtes se doit d’habiller sa bibliothèque de ce bel ouvrage!

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MAKERS, LA NOUVELLE RÉVOLUTION INDUSTRIELLE, par CH. ANDERSON, aux éditions PEARSON ***

00153_thumb2_220x244Derrière le mouvement Makers se cache la seconde vague de la révolution digitale qui s’approche de nous à grande vitesse, en charriant les bouleversements du monde de l’informatique vers celui du monde des biens matériels.

Ce transbordement des pratiques du bit vers celui de l’atome aura un impact colossal sur notre société, puisque l’économie tangible est cinq fois plus grande que celle de l’intangible.

Ce phénomène est rendu possible par la combinaison de deux éléments. Le premier est la capacité de représenter des objets par des fichiers informatiques contenant toutes les caractéristiques intrinsèques de l’objet, alors que le second est relatif à l’accessibilité des machines de fabrication additive qui permettent à tout un chacun de confectionner un objet à partir d’un fichier informatique.

Chris Anderson, auteur de cet ouvrage captivant et rédacteur en chef du fameux magazine Wired, prédit que « […] fabriquer des objets, chez soi comme à son bureau, va rapidement devenir aussi courant que de retoucher des photos… ». Il relève que l’impression 3D est actuellement au stade de l’imprimante matricielle des années 80 et que son évolution sera tout aussi fulgurante, avec une qualité d’impression comparable à ce que nos imprimantes papier sont actuellement capables de faire. D’ailleurs, les grands groupes internationaux s’y préparent en attendant patiemment la démocratisation de ce moyen de production avant de pouvoir inonder le marché de leurs équipements à bas prix, répliquant le modèle d’affaires des imprimantes laser et à jet d’encre actuelles.

Mais pourquoi parler des Makers dans cette évolution sociétale? Et bien parce que ces pionniers – passionnés de nouvelles technologies – contribuent fortement à l’accélération de cette transition numérique en investissant une grande partie de leur temps libre pour découvrir, tester et mettre au point de nouvelles technologies et pratiques. Les Makers d’aujourd’hui sont, en fait, les héritiers des inventeurs et des bricoleurs d’hier, disposant toutefois d’un terrain de jeux élargi grâce aux capacités collaboratives de l’Internet et grâce à l’accès facilité aux hautes technologies de fabrication numérique qui sont maintenant devenues accessibles à tous.

Par cette évolution technologique, la capacité de produire des biens pourra revenir en partie dans les mains des particuliers et ne restera pas uniquement dans celles des grandes familles d’industriels. C’est ainsi que les barrières de production et de commercialisation des biens physiques diminueront pour ouvrir le marché à de plus en plus d’acteurs. Mais attention, il ne faut pas croire que la fabrication de masse va disparaître! En plus d’être totalement irréaliste, cela serait préjudiciable puisque la production de masse a pour effet d’abaisser le prix des biens communs et de les rendre accessibles au plus grand nombre. Sans compter que la production de masse apporte une amélioration continue de la qualité des produits et de la chaine d’approvisionnement, en limitant les défauts et les rebus.

Néanmoins, produire soi-même ses biens permet de les rendre uniques et adaptés nos besoins personnels. Notre implication dans la fabrication de nos objets contribue même à nous rendre davantage soigneux et respectueux, nous incitant à les garder plus longtemps, développant ainsi une attitude écoresponsable digne de notre époque.

Demain, nous fabriquerons donc nous-même ce que l’on ne pourra pas trouver au super marché, mais continuerons de nous y rendre pour y acheter les produits communs.

Dans ce livre, Chris Anderson ne se contente pas de décrire les principes théoriques du mouvement Makers et de la révolution industrielle qui nous traverse. Il nous donne également des exemples concrets de création de nouveaux modèles d’affaires et nous explique de manière détaillée quels outils technologiques supportent cette évolution. L’auteur défend aussi les vertus de l’open source qui fait partie intégrante de l’esprit Makers et qui consiste à donner librement son savoir dans l’espoir d’en obtenir davantage en retour. Avec l’open source, on peut certes se faire copier plus vite – puisque tout ce que nous faisons est publié – mais en contre partie on peut innover beaucoup plus rapidement puisque nous recevons de l’aide gratuite et pertinente de la part d’un très grand nombre de personnes dévouées et compétentes. L’élément commercial différenciateur étant le service et la communauté d’utilisateurs que l’on pourra créer autour du produit que l’on propose.

Voilà, c’est maintenant à votre tour de vous lancer dans cette lecture passionnante qui vous ouvrira l’esprit sur les possibilités de la révolution technologique et numérique dans laquelle notre société s’est engagée. Prenons notre avenir en main et devenons tous des Makers!

 

LE DEUXIÈME ÂGE DE LA MACHINE, TRAVAIL ET PROSPÉRITÉ À L’HEURE DE LA RÉVOLUTION TECHNOLOGIQUE, par E. BRYNJOLFSSON et A. McAFEE, aux éditions ODILE JACOB ****

978273813306951-dhsew-ql__sy344_bo1204203200_Si vous ne deviez lire qu’un seul livre concernant la quatrième révolution industrielle, alors c’est sans aucune doute celui-ci qu’il vous faudra acquérir, que ce soit dans sa version originale anglaise ou dans sa traduction française.

Andrew McAFEE, l’un des deux co-auteurs de ce livre, dirige le département de recherche du Center for Digital Business du MIT. C’est l’un des plus grands connaisseur et visionnaire des nouvelles technologies, déjà précurseur du concept de l’entreprise 2.0.

Et comme les grands esprits ont toujours une guerre d’avance, il ne s’est pas contenté d’écrire un livre technologique sur l’Industrie 4.0. Il s’est positionné au-dessus de la mêlée en faisant référence au deuxième âge de la machine, c’est-à-dire à la dominance confirmée de l’ordinateur sur la machine mécanique. Car, comme il le démontre, la révolution numérique que nous vivons actuellement est une simple continuité de la première révolution industrielle du 18ème siècle. Le dénominateur commun étant l’énergie. C’est bien elle qui nous permet de vivre plus longtemps, de se déplacer plus rapidement, de favoriser les échanges commerciaux, d’avoir du temps pour innover et pour échanger de l’information. Et l’information c’est de l’énergie, celle que nous dépensons pour la créer et celle nécessaire à l’alimentation électrique des data centers qui permettent le transit et l’interprétation des données.

Cet apport d’énergie colossal a fait entrer notre humanité dans l’ère de l’exponentiel. Tout ce qui a été inventé auparavant est subitement devenu insignifiant au regard des avancées actuelles. Savez vous que sur les 3500 milliards de photos prises entre 1838 (date du premier cliché) et 2013, 10% l’on été en 2012 ? Effectivement, tout s’accélère et les innovations se succèdent à un rythme exponentiel.

C’est pour nous offrir une vision à 360° de cette transformation sociétale qu’Andrew McAFEE s’est associé à l’économiste Eric BRYNJOLFSSON, en intégrant la composante économique au cœur de cette problématique. Et c’est cet assemblage réussi qui confère à ce livre une valeur tout-à-fait singulière. Car les avancées technologiques actuelles ont un impact direct sur notre économie et sur nos futurs postes de travail. Nous constatons déjà que l’utopie d’hier de la gratuité des services a été comblée. Le coût de l’atome a été supplanté par la gratuité du bit. Inutile de décrire l’impact de ce changement de paradigme sur les modèles d’affaires de nos entreprises. Et si vous ne voyez pas à quoi je fais référence, alors allez interroger un chauffeur de taxi. Il pourra facilement vous expliquer les enjeux de l’ubérisation de notre société.

Une des contrepartie de cette course vers le progrès technologique et numérique est qu’un petit nombre de personnes peut créer à lui seul une énorme quantité de valeur avec très peu de ressources humaines. Si cela fait rêver certains entrepreneurs, il faut tout-de-même se poser la question de la répartition de la richesse qui a tendance à se (re)creuser entre les classe sociales, malgré le fait que le PIB n’ait jamais été aussi haut. Nos deux auteurs visionnaires nous proposent d’ailleurs quelques pistes de réflexion que nos politiciens devraient étudier avec intérêt.

Bien, il est temps pour vous de commander ce livre afin de préparer votre entrée dans le monde digital. Le voyage sera rapide et palpitant. Au gré des chapitres, vous visualiserez sans peine notre futur envahi par des voitures électriques autonomes, par des services à intelligente articifielle, par des systèmes de traduction de la voix en temps réel, par des médecins virtuels, par des ateliers de production équipés de robots collaboratifs,…

Et terminons par une phrase qui résume parfaitement cette transformation : « L’idée à plus de valeur que les choses, l’esprit l’emporte sur la matière, les bits sur les atomes, les interactions sur les transactions. »

DATA ENTREPRENEURS, LES RÉVOLUTIONNAIRES DU NUMÉRIQUE, par X. COMTESSE, J. HUANG et F. NÉMETI, aux éditions G d’Encre ****

data-entrepreneurs1Voici un livre « made in Swiss Romandie » écrit spécialement pour nos entrepreneurs locaux dans le but de leur expliquer les enjeux et les composantes de la digitalisation des entreprises.

En cette ère de l’échange d’information, les auteurs ont eu la présence d’esprit de mettre en pratique le travail collaboratif pour concevoir un ouvrage original tant sur la forme que sur le contenu. C’est ainsi qu’ils nous ont mis à disposition un livre parfaitement abouti et de grande valeur, disséquant la vague numérique sous différents angles de vue, sans manquer aucun élément clé.

C’est pour rester sur le sommet de cette vague que ce livre va nous apporter son assistance, en nous guidant dans nos réflexions et en nous stimulant dans la recherche de nouvelles opportunités de développement. Mais c’est surtout une solution rapide et idéale pour consolider nos connaissances sur les technologies digitales et sur le vocabulaire idoine, comme par exemple l’Internet des Objets, le Cloud Computing, l’Industrie 4.0, le Big Data, le Data Mining, le Data Analytics, le Data Lake, le Machine-Learning, l’Intelligence Artificielle, le Blockchain,… Bref, une vraie niche d’information digitale !

Ce livre  vous permettra aussi de mieux comprendre les nouveaux métiers qui se créent, comme l’avènement des Data Analystes et des Data Scientistes, mais également d’anticiper l’évolution de votre propre métier. Car il est temps de prendre les mesures nécessaires pour ne pas se laisser submerger par cette déferlante numérique qui s’abat sur nous.

Pour illustrer la théorie présentée dans cet ouvrage, les auteurs ont également mentionné de nombreux exemples pratiques appliqués dans des entreprises de référence. Ils ont aussi disséqué la stratégie numérique des grandes entreprises leader du marché, en analysant les impacts sur les différents domaines d’activités dans lesquels nous travaillons.

Finalement, comme ce livre s’adresse en priorité aux entrepreneurs, ces derniers trouveront une proposition de feuille de route bien utile pour lancer leur programme de transformation digitale.

Excellente lecture à vous !

INDUSTRIE 4.0 : LA QUATRIÈME RÉVOLUTION INDUSTRIELLE EST EN MARCHE !

Il est temps de parler du concept de l’Industrie 4.0 dans ce blog dédié à l’évolution de l’entreprise. Loin d’être un simple « buzzword », l’Industrie 4.0 fait référence à la 4ème révolution industrielle dans laquelle notre société est entrée depuis quelques années déjà.

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Si nous ne saisissons que partiellement les bouleversements qui s’opèrent autour de nous et qui vont prochainement déferler sur notre société, l’histoire les relatera certainement comme étant une évolution fulgurante et brutale. La raison de la difficulté de perception de ce changement d’ère vient principalement du fait qu’elle repose sur des fondamentaux intangibles, car c’est une révolution numérique. Personne ne manifeste dans les rues, il n’y a pas de nouvelles machines sur nos routes, pas de mutation accélérée de nos entreprises, pas de disparition massive de d’emplois,… ou du moins pas pour l’instant. Car nous voyons déjà apparaître dans nos vies des robots intelligents, des assistants portables, des voitures et des drones autonomes, des services clients à intelligence artificielle, des traducteurs vocaux en temps réel,… pour n’en citer que quelques-uns.

En fait, cette révolution industrielle et sociétale est celle du « tout connecté », interfaçant les humains, les machines, les objets et les systèmes, sur la base des nouvelles technologies de l’information et de la communication (NTIC). Cette explosion de l’échange d’information permettra de piloter des usines en temps réel grâce à la collaboration entre l’intelligence artificielle et l’humain.

Notre monde sera donc digitalisé et automatisé, pour le meilleur et/ou pour le pire. Mais comme la nature donne toujours un avantage aux systèmes complexes et adaptables, il est vain de lutter contre cette évolution naturelle. Il est préférable de chercher à la comprendre afin de l’influencer dans une direction bénéfique pour l’être humain. Et il faut rapidement penser à ce que vont devenir nos places de travail et notre qualité de vie. Sans compter que cette évolution technologique entre en parfaite résonnance avec une seconde transformation majeure de notre économie qui facilite drastiquement l’échange commercial et le transport international: la mondialisation. Il s’agit en fait d’un cocktail « explosif » qui aura des conséquences sociétales au moins aussi importantes que celles apportées par les derniers conflits mondiaux.

Mais avant d’entrer davantage dans cette réflexion, rappelons tout-de-même qu’elles ont été les précédentes révolutions industrielles illustrées sur l’image figurant en entête de cet article. La première fait référence à la mise au point de la machine à vapeur en 1763 par James Watt. La force musculaire a ainsi été remplacée par la force mécanique des machines, ce qui a permis l’éclosion des ateliers de production et le déplacement facilité des personnes et des marchandises par voie ferroviaire et maritime.

La seconde révolution industrielle est issue de l’usage de l’électricité dans les usines, ce qui a permis l’éclosion du travail à la chaine. Il a alors été possible de fabriquer de grandes quantités de biens matériels en série – à des prix accessibles à de plus en plus d’individus des différentes classes sociales – comme la fameuse Ford T dans les années 1908, grâce à la mise au point simultanée du moteur à explosion.

La troisième révolution est celle du transistor et de la naissance de l’informatique. Cette révolution est à l’origine des ordinateurs, des tablettes et autres smartphones qui sont maintenant en possession de chacun d’entre nous. Dans l’industrie, ce sont les automates programmables qui se sont diffusés à large échelle et qui ont permis d’atteindre un degré extrême de performance et de vitesse dans les processus industriels.

La quatrième et dernière révolution industrielle démultiplie les effets des innovations précédentes en interconnectant tous les systèmes entre eux, au travers de réseaux de communication locaux et mondiaux comme l’Internet, le 3G/4G, le WiFi, le Bluetooth ou encore l’Ethernet. Au niveau sociétal, rappelons que c’est la mise en relation des individus qui a généré l’intelligence collective humaine nous ayant porté au sommet de la pyramide alimentaire. Cette fois-ci, ce sera la collaboration avec les systèmes cyber-physiques et l’intelligence artificielle qui va asseoir notre position dominante, pour autant toutefois qu’ils ne prennent pas notre place. Ceci dit, même si un certain nombre d’êtres humains sont apeurés par une telle perspective, comme pour bien d’autres sujets d’ailleurs, il faut se rendre à l’évidence qu’il nous est impossible de lutter contre notre programmation génétique qui nous pousse au progrès et nous rend curieux de notre environnement et de notre futur.

La quatrième révolution industrielle est donc celle du cognitif, en opposition à la première révolution industrielle qui a été celle de la force physique.

Si certains pensent encore qu’il est exagéré de consacrer autant d’importance à cette révolution industrielle par rapport à toutes les précédentes inventions et évolutions de l’humanité – comme l’a été l’agriculture, la domestication des animaux, la poterie, la métallurgie, le textile, l’écriture, l’art ou encore les philosophies – il faut prendre conscience que toutes ces évolutions n’ont eu qu’un effet mineur sur la croissance de la population humaine même si elles représentent une étape et une base essentielle. En fait, la courbe exponentielle de l’évolution démographique se dresse au moment de la première révolution industrielle, lorsque la société a commencé à produire d’énormes quantités d’énergies.

Bien, mais quels seront les impacts concrets de cette quatrième révolution industrielle sur nos vies et sur nos industries ? Je tiens à dire, avant tout, qu’il ne faut pas la craindre puisque c’est la seule solution pour permettre à nos industries Européennes de rester compétitives dans le marché mondialisé, car notre parc industriel et notre main d’œuvre vieillissent rapidement. Il ne sera pas suffisant de faire venir des immigrés pour palier à ces manquements. Il faudra plutôt déléguer une grande partie des tâches pénibles et répétitives à des robots intelligents avec qui nous collaborerons. Un pan entier du concept de l’Industrie 4.0 est donc dévolu à la robotique et à l’automatisation des processus de fabrication. C’est dans ce contexte que le gouvernement allemand a lancé l’initiative « Industrie 4.0 » en 2011, copié ensuite par tous les pays industrialisés avec des noms de projets comme « Industrie 2025 » en Suisse ou « Smart Factory » aux USA.

Comme à l’ère de l’apparition des premières machines à vapeur et des premiers moteurs à explosion, ou encore des premiers ordinateurs, des postes de travail vont disparaître. C’est inévitable. Et ce seront les postes les plus routiniers et les moins qualifiés qui disparaîtront en premier, remplacés par des fonctions davantage réflexives et créatives, avec des personnes mieux qualifiées, sachant collaborer avec l’intelligence artificielle et les robots. La formation a donc un rôle crucial et urgent à jouer en préparant les prochaines générations à cette transformation sociétale.

En plus de cela, nos entreprises devront également s’adapter à la nouvelle donne énergétique, avec une production décentralisée et instable. Elles devront également se montrer agiles pour produire des biens à des performances maximales durant de courts laps de temps, ce d’autant plus que les batchs de production vont diminuer jusqu’à la fabrication unitaire. C’est inéluctable puisque les clients demandent maintenant des produits et des services sur mesure, habitué par l’offre des services digitaux qui répondent déjà à cette demande. Peut-être même que nous pourrons bientôt fabriquer nos biens personnalisés à la maison grâce aux imprimantes 3D, pour autant que les dernières barrières technologiques soient levées.

Que nos entreprises suisses ne ratent pas ce virage technologique et sociétal, ce d’autant plus que nous avons d’excellentes cartes en main pour jouer cette partie passionnante !

UN PALÉOANTHROPOLOGUE DANS L’ENTREPRISE, S’ADAPTER ET INNOVER POUR SURVIVRE, par P. PICQ, aux éditions EYROLLES ****

livrepicqentrepriseEn ces temps de croissance démographique soutenue et de globalisation accélérée, il est d’actualité de parler d’agilité et de flexibilité de nos entreprises qui sont confrontées à une concurrence de plus en plus accrue et à des ressources toujours plus limitées et coûteuses.

En fait, nous sommes entrés dans une nouvelle phase de sélection naturelle résultant principalement des activités énergivores de nos sociétés modernes. Avec notre regard d’être humain, nous pourrions voir cette fuite en avant comme étant menaçante pour la survie de notre espèce et de celles qui nous côtoient. Toutefois, en élargissant notre point de vue à l’échelle planétaire, nous pouvons constater qu’il s’agit simplement d’un chapitre de l’histoire de la vie terrestre, dans un livre comportant des millions de pages. Et dans ce chapitre, l’entreprise ne représente qu’une toute petite ligne faisant référence aux groupes d’individus d’homo sapiens collaborant ensemble pour mener à bien un projet commun, à l’instar des colonies de fourmis, des meutes de loups ou encore des troupeaux de bisons.

C’est fort de cette vision que je me suis rappelé de l’aventure de Charles DARWIN sur le HS Beagle, parcourant le monde entier sur un trois mats durant plus de quatre ans, étudiant avec passion et minutie tout ce que la nature a créé autour de nous. Grâce à son sens de l’observation aigu, à sa curiosité assidue et à sa méthodologie de classification pointue, il a réussi à nous proposer une théorie expliquant en grande partie les mécanismes de la vie. Reliant les retombées de cette aventure exaltante à celles de nos entreprises contemporaines, je me suis demandé comment transposer les mécanismes de l’évolution à la gestion de l’entreprise, pour rendre cette dernière plus robuste et davantage pérenne dans son environnement évolutif. C’est par cette réflexion que je suis tombé sur ce magnifique essai rédigé par Pascal PICQ, «Un paléoanthropologue dans l’entreprise: s’adapter et innover pour survivre». N’est-ce pas le titre parfait pour mener une telle réflexion ?

Pascal PICQ est paléoanthropologue au Collège de France et s’intéresse depuis longtemps à l’entreprise. Il est auteur de nombreux ouvrages de référence et plusieurs de ses conférences sont disponibles sur la toile. Et pour ceux qui ne connaissent pas vraiment la théorie de Darwin, je vous propose de lire un livre du même auteur, vulgarisant parfaitement ce thème dans un langage simple et clairvoyant: «Darwin et l’évolution expliqués à nos petits-enfants». Ne vous focalisez pas sur le titre, il s’agit bien d’une lecture pour adulte dont le titre s’apparente simplement à la collection « expliqué à », dont l’approche pédagogique est remarquable. Ne vous économisez pas d’une telle lecture, car cette théorie est bien souvent mal comprise et mal interprétée. L’erreur habituelle consistant à croire qu’il y a une théorie de l’évolution, alors qu’en fait il s’agit d’un corpus de différentes théories des sciences de la vie, de la Terre, de l’espace et de l’homme. Ces théories permettant d’expliquer de manière de plus en plus précise les mécanismes de la vie sur terre, au grés des avancées de la recherche scientifique.

Dans «Un paléoanthropologue dans l’entreprise», vous aller comprendre comment établir des ponts entre les mécanismes de la vie et ceux de l’entreprise. Le mot central étant «l’adaptabilité». Ce terme est bien plus puissant que «l’agilité» souvent utilisé dans les théories organisationnelles actuelles. En fait, l’adaptabilité ne désigne pas uniquement une caractéristique de fonctionnement, comme c’est le cas pour l’agilité, mais englobe en plus le but de survie du sujet dans son écosystème. L’agilité ne sera par exemple pas nécessaire à toutes les entreprises selon l’environnement dans lequel elles évoluent, alors que l’adaptabilité est universelle à toute situation. Pour illustrer cela, nous pourrions parler de certaines entreprises étatiques qui n’ont pas besoin d’évoluer rapidement dans leur environnement puisqu’elles se trouvent protégées dans la sphère de l’état, devant simplement surveiller une éventuelle vente au domaine privé, ce qui les feraient alors basculer dans un environnement davantage évolutif et réactif.

Cet ouvrage vous ouvrira l’esprit sur les mécanismes de la compétitivité de nos entreprises et sur les besoins d’innover pour se maintenir en course, à l’image de ce que vivent les espèces vivantes. Et comme vous le savez, nous vivons sur une terre ou les êtres vivants sont en compétition pour se nourrir ou pour éviter de se faire manger. Néanmoins, certains mécanismes moins violents ont été générés par la nature, notamment au travers de la co-adaptation par co-opération. C’est rassurant, non? En fait, si l’homme a inventé le concept de l’entreprise collaborative 2.0, c’est la nature qui a inventé le concept de l’évolution 2.0 bien avant notre apparition sur terre. Prenons l’exemple de nos pâturages qui fonctionnement sur ce mode collaboratif entre animaux, insectes et plantes, dont le meilleur acteur n’est autre que l’abeille. En se nourrissant du polen des plantes qu’elle butine, elle favorise la pollinisation des plantes et permet à certains mammifères de se nourrir du miel sucré et prébiotique qu’elle fabrique. Un bel échange collaboratif qui assure une meilleure survie à tous… jusqu’à l’invention des pesticides par l’être humain…

Si ces systèmes de co-opération se montrent généralement plus performant que d’autres, c’est qu’ils permettent de mieux gérer la complexité grandissante de la vie sur terre. Et plus les système se complexifient, plus ils prennent l’avantage sur les structures moins complexes. Dans cette prospective, vous découvrirez alors la signification de la course de la «Reine Rouge». Il n’y a aucun lien avec le «Roi Vert» de Paul-Loup SULIZER, même si ce roman pourrait servir de réflexion aux facteurs de chance et d’adaptabilité de l’humain dans son environnement. Non, la course de la «Reine Rouge» fait référence à la dame de cœur dans «Alice au pays des merveilles», dans la scène «De l’autre côté du miroir». Alice court sans avoir l’impression d’avancer, car le paysage la suit. Elle s’adresse alors à la dame de cœur, la Reine Rouge, qui lui répond que dans ce pays il faut courir le plus vite possible pour rester à sa place. Ceci ne vous rappelle pas la situation de nos entreprises ?

Dans cette course à la Reine Rouge, il est intéressant de comprendre comment les espèces répondent à la sélection naturelle et sexuelle. Ce ne sont pas les plus forts qui gagnent, comme l’a dit DARWIN, mais ceux qui s’adaptent le mieux. Le succès revenant à l’espèce et non-pas aux individus. Car tout est fait pour que ce soit les gènes qui se perpétuent. Et pour que l’espèce survive, ou disons plutôt les gènes, il faut faire preuve d’une bonne diversité biologique. On parle de variabilité de l’espèce. Ensuite, le mécanisme de sélection permettra aux plus adaptés de poursuivre leur course à la survie, dans un cycle évolutif, l’espèce devant à chaque fois assurer sa variabilité.

Ramené au niveau de l’entreprise, ceci veut dire qu’il faut incorporer des profils divers et variés faisant émerger des entités et des modes de fonctionnement multiples. Les meilleures branches pourront ainsi survivre aux événements internes et externes, alors que les branches condamnées seront sciées pour permettre de chauffer les locaux durant les hivers glaciaux. L’arbre grandissant, de nouvelles branches vont apparaître et le cycle de sélection se perpétuera d’année en année, pouvant ainsi éliminer une branche qui était pourtant prometteuse quelques années auparavant.

Ce livre m’a encore permis de trouver des arguments solides pour faire taire les responsables qui se contentent d’appliquer des méthodes à succès sans les adapter aux spécificités de leur entreprise, par économie de réflexion. En effet, rien n’est plus faux que d’appliquer des méthodes prédéfinies dans son propre environnement, car chaque situation est singulière. Ne croyez pas à l’adage populaire qui dit «On ne change pas une équipe qui gagne». C’est la mort assurée! Car la compétition s’adapte très vite et votre technique/produit « révolutionnaire » sera vite copié puis contré. On le constate facilement dans le domaine du sport, ou mieux encore lors des conflits militaires majeurs comme par exemple durant la deuxième guerre mondiale. A cette époque, les allemands avaient failli conquérir le monde avec une nouvelle technique de guerre, la Blitz Crieg. Or, deux ans après la mise en œuvre de cette technique novatrice, les allemands se sont fait totalement dépassé par leurs ennemis qui ont non seulement adopté cette technique, mais qui l’ont surtout considérablement améliorée. Nous connaissons tous la suite de cette histoire.

Sur un autre registre, il est crucial de comprendre qu’une espèce, tout comme une entreprise, n’évolue jamais seule, mais avec sa communauté écologique. En fait, on ne vit jamais aussi bien qu’avec ses concurrents! S’ils disparraissent, nous sommes en grand danger. Pas de concurrence, pas de marché! Dans une telle situation, le risque est considérable d’être supplanté par d’autres produits/solutions totalement différents.

Pour terminer, ne soyez pas étonnés si les références mentionnées dans ce livre sont très franco-francaises. Vous pourrez néanmoins établir des parallèles avec les spécificités de votre pays respectifs sur la base des comparaisons que l’auteur effectue entre la France et les USA. D’un regard Darwinien, il est d’ailleurs très intéressant de constater que les USA laissent davantage s’exprimer la sélection naturelle, laissant mourir presque sans scrupule les bourgeons condamnés de l’arbre, alors que le protectionnisme français tend a maintenir artificiellement en vie les branches fragiles de celui-ci.

Ceci dit, sachez que la lecture des 256 pages de ce livre vous demandera un certain effort, car Pascal PICQ a utilisé un langage universitaire dont l’accès n’est pas aisé pour les non-initiés. Néanmoins, équipé d’une tablette et d’un bon moteur de recherche, j’ai quand même réussi à ne pas rester bloqué sur des mots et des sujets qui m’étaient alors inconnus. Ce livre se mérite et c’est ce qui me rend heureux de l’avoir lu et apprécié!

BUSINESS MODEL YOU, RÉINVENTEZ VOTRE CARRIÈRE GRÂCE À UNE MÉTHODE RÉVOLUTIONNAIRE, par T. CLARK, A. OSTERWALDER et Y. PIGNEUR, aux éditions PEARSON ****

sans-titreLes fans de « Business Model Generation » (voir publication précédente) seront enchantés d’approfondir leur lecture et leurs réflexions en transposant la création du modèle d’affaires d’une entreprise à ce qui compte le plus au monde : vous !

Et oui, même pour les plus philanthropes d’entre nous, il faut savoir que notre inconscient est programmé pour assurer la survie de notre organisme en lui conférant une importance et une priorité absolue. C’est donc pour le remercier de sa bienveillance et pour valoriser le but ultime de son travail que nous allons consacrer un peu de notre temps à ce qu’il a de plus cher au monde 😉

Ce livre captivant agrège les préceptes du précédent ouvrage afin de les mettre au service de notre développement personnel, dans une représentation et une mise en page digne des meilleurs ouvrages publiés par les éditions PEARSON.

En introduction, vous découvrirez l’esprit du « Business Model » ainsi que la marche à suivre pour transposer cette analyse à votre propre personne, en revisitant les valeurs et les caractéristiques fondamentales qui vous constituent. Vous pourrez ainsi explorer de nouvelles pistes d’évolution pour mettre en harmonie vos aspirations personnelles et professionnelles. Vous démasquerez également vos rêves cachés pour réorienter votre carrière sur les rails du succès.

Au cours de cette expédition, vous serez amené à vous considérer comme une réelle entreprise qui doit définir sa place dans l’économie de marché, l’écosystème de l’être humain étant somme toute très comparable à celui de l’entreprise. En effet, notre corps est constitué d’une multitude de cellules qui assurent son fonctionnement en s’assemblant dans des structures complexes qui doivent collaborer entre elles pour donner vie à l’ensemble. Cet organisme singulier se trouvera ensuite confronté à d’autres organismes avec lesquels il pourra s’associer pour augmenter ses chances de survie, ou alors contre lesquels il devra se battre pour protéger son existence.

En conséquence, pour maîtriser le fonctionnement de notre individualité et atteindre notre but fixé, il est pertinent de déployer les mêmes efforts et les mêmes outils que ceux utilisés pour le pilotage de l’entreprise. Dans ce contexte, la matrice du « Business Model » vous permettra de représenter les éléments clés qui vous caractérisent :

  • les ressources principales dont vous disposez ;
  • les activités clés que vous faites ;
  • les clients que vous aidez (et oui, votre employeur, votre famille ou encore vos amis peuvent être considérés comme des « clients » qui vous rétribuent pour vos prestations, de manière pécuniaire ou non) ;
  • la valeur apportée à vos clients (votre contribution) ;
  • les canaux que vous empruntez pour diffuser votre offre ;
  • les relations clients et votre manière d’interagir avec eux ;
  • les partenaires clés qui vous aident ;
  • vos revenus et les avantages que vous recevez ;
  • vos coûts de fonctionnement et ce que vous donnez de vous-même.

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Sur la base de cette réflexion personnelle, vous pourrez donc mieux vous connaître et ainsi « créer » le job dont vous avez besoin. Et n’hésitez pas de challenger votre vision avec celles de vos amis, car c’est ainsi que l’on limite les risques d’erreurs de perception et que l’on évite d’emprunter des sentiers sinueux, tracés dans des terrains accidentés, dont l’issue est très incertaine.

Pour accompagner cette étude, vous trouverez dans ce livre des outils de développement personnel comme la « roue de la vie » pour identifier ses centres d’intérêts, la « ligne de vie » pour représenter nos moments forts, la « typologie de Holland » pour déterminer son profil de personnalité dominant ainsi que diverses méthodes pour nous aider à comprendre et à définir notre but. De plus, les nombreux exemples pratiques disséminés dans ce livre vous permettront de mettre en perspective votre modèle avec celui d’autres personnalités types.

Pour terminer, je tiens à dire que j’ai adoré l’exercice de calcul financier de notre valeur personnelle, même si j’en vois déjà certains me dire que la vie n’a pas de prix ! Que nenni ! Entre gens de bonnes intentions, nous pouvons certainement nous autoriser cet exercice intellectuel qui nous permettra de comprendre ce que notre employeur ou notre client sera prêt à investir en nous, en échange des services que nous lui apporterons.

Excellente découverte à vous !

LA PNL POUR LES NULS, PROGRAMMATION NEURO-LINGUISTIQUES, par R. READY et K. BURTON, aux éditions FIRST *****

747360790Comment gagner en quelques semaines des années d’expériences en compétences relationnelles  ? Et bien simplement en comprenant et en appliquant la Programmation Neuro-Linguistique (PNL) qui est une technique de psychologie éprouvée pour nous permettre de mieux se comprendre et de mieux communiquer avec les autres.

Certains trouveront le mot « PNL » rébarbatif,  voire élitiste ou mystique. Mais ne vous y trompez pas, cet acronyme barbare fait simplement référence à nos comportements produits (programmation) par notre tête (neuro) et à la manière dont nous les exprimons (linguistique).

Vous avez certainement déjà constaté que nos principales difficultés proviennent généralement d’une mauvaise communication avec nos interlocuteurs ? Alors plutôt que d’attendre indéfiniment que l’autre change de comportement, ne serait-il pas pertinent de commencer par changer soi-même ?

En prenant conscience de ses mauvaises habitudes de communication qui mènent toujours aux mêmes résultats décevants, il est préférable de déprogrammer ses schémas de pensée négatifs et de les remplacer par des schémas qui aboutissent au succès désiré. Une citation empruntée dans ce livre illustre cela : « Si vous faites toujours ce que vous avez toujours fait, vous obtiendrez toujours ce que vous avez toujours obtenu ». N’est-ce pas empli de bon sens ?  Alors pour ceux qui veulent s’améliorer, sachez que le chemin n’est pas si compliqué qu’il n’y parait. Cet ouvrage génialissime est d’ailleurs là pour vous en convaincre et pour vous expliquer comment y arriver. Et rappelez-vous ce que Charles Darwin disait : « Les espèces qui survivent ne sont pas les espèces les plus fortes, ni les plus intelligentes, mais celles qui s’adaptent le mieux aux changements ». Alors aidons notre cerveau à s’adapter à son environnement, car il est conçu pour cela !

Il faut en fait considérer la PNL comme étant une technique pour comprendre comment notre esprit fonctionne, comment nous percevons notre environnement et finalement comment nous pouvons nous comporter pour l’influencer. La démarche ayant conduit à cette théorie vient simplement de l’observation et de la réplication des comportements de ceux qui réussissent dans des situations données. C’est ce qui est à la base des travaux de Richard Bandler et de John Grindler de l’université de Santa Cruz en Californie. De nombreuses autres recherches ont ensuite complété ces travaux pour aboutir finalement à une remarquable technique de psychologie appliquée.

Une des présuppositions essentielles de la PNL consiste à dire que « la carte n’est pas le territoire ». Ceci signifie que deux individus peuvent vivre le même évènement au même instant, mais le ressentir de manière totalement différente, en fonction de leur vécu et de leurs schémas de pensée. Ceux qui ont la chance d’avoir des frères et sœurs l’auront sans doute remarqué lorsqu’ils se remémorent les souvenirs leur enfance.

Le premier pas sur le sentier de la PLN consiste a pouvoir être capable d’interpréter son environnement différemment, comme si nous changions la couleur des verres de nos lunettes pour filtrer autrement les rayons de la lumière. La vision et notre représentation mentale du territoire qui se trouve autour de nous sera alors modifié. C’est d’ailleurs en travaillant sur la colorisation de nos souvenirs que nous pourrons les aborder de manière différente. Par exemple, dans le cas de souvenirs négatifs ou douloureux, nous pouvons les recolorier pour éviter qu’ils influencent négativement notre subconscient qui à plutôt tendance à s’ancrer dans ces pensées, en modifiant notre comportement et notre humeur dans une direction qui renforce les aspects négatifs plutôt que de les éloigner. Notre subconscient, nos croyances ou encore nos valeurs sont généralement à l’origine de nos disfonctionnements, raison pour laquelle il est important de pouvoir corriger leur ancrage dans notre esprit.

Certes, la pensée positive apparait bien frivole aux yeux des personnes consciencieuses et introverties. Mais c’est oublier négligemment les bénéfices que cela induit sur nos schémas de pensée et sur notre équilibre psychique. Sans compter que cela sert à ancrer nos pensées positives qui vont alors pouvoir être activées dans les situations difficiles. C’est un mécanisme puissant qui permet d’éviter l’emballement et le stress, en revenant rapidement dans un mode de pensée positif tel que nous l’avions eu au moment du souvenir positif.

Au bout de la première partie du sentier de la PLN que vous avez emprunté plus haut dans cette lecture, vous saurez mieux vous connaitre et surtout savoir parfaitement ce que vous voulez. C’est d’ailleurs le socle indispensable à la poursuite de ce chemin qui va nous conduire à la connaissance du fonctionnement de l’autre et à la manière idéale d’entrer en contact avec lui, afin de garantir une bonne communication et surtout l’atteinte de ses objectifs.

Dans la PNL, on part du principe que la qualité de la communication est à 100% de sa responsabilité. Il ne s’agit pas de se blâmer, bien au contraire, mais plutôt de prendre conscience que nous avons toutes les clés pour établir une communication réussie. C’est à nous d’ouvrir les bonnes portes. Pour se faire, il « suffit » d’observer son interlocuteur et de se fondre dans son mode relationnel. Une fois le contact établi, il sera alors possible de communiquer et d’influencer son interlocuteur pour arriver à son objectif.

Si par hasard le mot « influencer » vous dérange et que vous l’assimilez à de la manipulation, il est alors nécessaire de vous rappeler que vous êtes un être sociable et que quoi que vous fassiez, cela aura toujours un impact sur les autres. Alors assumez-le, mais de manière éthique, c’est-à-dire en respectant l’écologie de votre interlocuteur !

Finalement, j’ai tellement appris de choses intéressantes dans ce livre que je n’arriverai pas à les résumer dans cet article. Je vous recommande donc vivement de vous lancer dans sa lecture, avec un bloc note dans une main afin d’y inscrire les actions que vous aller pouvoir mettre en œuvre pour améliorer votre comportement et votre relation aux autres.

Sur ce fameux sentier de la PNL, vous trouver encore un grand nombre d’outils pratiques pour déterminer votre profil, votre stratégie, vos objectifs et ceux de vos interlocuteurs. Vous trouverez également des techniques pour reprogrammer vos schémas de pensée inadaptés et pour accompagner vos changements selon les niveaux logiques qu’ils affectent.

Vous pourrez y aller étape par étape, en adressant un problème après l’autre, jusqu’à progressivement vous forger un nouveau comportement qui deviendra une seconde voire même une première nature.

Sur ce chemin, l’échec deviendra pratiquement inexistant. Chaque évènement sera considéré comme une nouvelle expérience qui permettra d’emmagasiner des connaissances précieuses et d’accumuler du savoir. Graduellement, vous augmenterez vos chances de succès pour les prochaines confrontations qui se dresseront devant vous. Et rappelez-vous, enfant, vous ne vous êtes jamais arrêté de vouloir marcher parce que vous étiez tombés. Pourquoi ? Parce que l’objectif était clair et sans ambiguité. Et malgré les échecs répétés et les pleurs, vous y êtes arrivés en imitant les autres et en cherchant par tous les moyens d’y arriver !

PASSEZ EN MODE WORKSHOP, 50 ATELIERS POUR AMÉLIORER LA PERFORMANCE DE VOTRE ÉQUIPE, par J.-M. MOUTOT et D. AUTISSIER, aux éditions PEARSON **

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Nouveau challenge : j’ai deux mois pour organiser un workshop sur les Remote Services avec une cinquantaine de collaborateurs ainsi que des intervenants externes !

N’est-ce pas une merveilleuse occasion de lire cet ouvrage qui croupissait dans ma pile de livres en attente ? Et bien c’est ce que je me suis dit, avec l’expectative d’y trouver l’inspiration et les conseils nécessaires pour rapidement lancer ce projet sur de bons rails.

Si à l’époque j’avais sélectionné ce livre pour m’instruire sur la thématique des workshops, c’était parce que la maison d’édition PEARSON propose généralement de beaux ouvrages au contenu savamment étudié, agrémenté d’intelligentes et pertinentes illustrations. Bref, tous les ingrédients de base qui donnent envie de dévorer un livre rapidement tout en stimulant sa créativité !

Je me suis donc réservé un week-end pluvieux pour lire cet ouvrage dans le but de m’inspirer de son contenu richement alimenté par l’expérience des deux auteurs, Jean-Michel MOUTOT et David AUTISSIER. Et mes attentes ont été parfaitement comblées ! J’ai en effet compris la valeur de ce mode de travail efficace et motivant, que ce soit pour résoudre des conflits ou pour booster la performance d’un département. Vous trouverez dans ce livre des techniques à mettre en œuvre pour organiser des workshops de quelques heures ou de plusieurs jours, mais également des propositions d’ateliers qui sont présentées dans des fiches listant le contenu, les objectifs, les gains escomptés ainsi que les connaissances et matériaux nécessaires à la création et à l’animation du workshop. Une cinquantaine de propositions y sont énumérées couvrant les thèmes suivants : catharsis, créativité, communication, humour, cohésion, perception, mémorisation, processus, organisation et projection. A noter que certains ateliers sont très simples à organiser et à animer, alors que d’autres nécessiteront la présence d’experts.

J’ai particulièrement apprécié les conseils permettant d’emmener les participants au travers d’un cycle créatif passant successivement par des phases d’ouverture d’esprit et de recentrage, faisant osciller les pensées entre le doute et la certitude, dans le but d’arriver à un résultat concret et tangible favorisé par la mise en résonance des savoirs multiples. Derrière tous ces conseils éclairés, j’ai fortement ressenti la marque de fabrique de la programmation neuro-linguistique (PNL).

En conclusion, ce livre sera très utile aux managers qui souhaitent dynamiser la création de valeur de leurs équipes par des méthodes de travail performantes et modernes, sans avoir recours à de coûteux consultants externes. Il s’agit ici de valoriser le savoir interne et de positionner l’employé au centre de l’entreprise, en donnant du sens à son action.

LE BUT, UN PROCESSUS DE PROGRÈS PERMANENT, par E. M. GOLDRATT et J. COX, aux éditions AFNOR ****

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Ce best-seller historique et intemporel a été écrit en 1983 par le docteur Eli GOLDRATT. Il s’agit d’un roman industriel qui a été lu par plus de 5 millions de personnes à travers le monde et qui a popularisé la Théorie des Containtes (TOC : Theory Of Constraints).

Sa lecture convient parfaitement bien aux décideurs pressés par le temps qui souhaitent conjuguer le travail et la détente, avec la garantie qu’ils pourront échanger quelques mots à son sujet lors d’un prochain repas d’affaires.

Le style minimaliste de cet ouvrage ainsi que son orientation anglo-saxonne offrent une lecture facile, entrainante et motivante. Mais il faut quand même être passionné par le milieu industriel pour se laisser emporter par les quelques 400 pages de ce récit. Si tel est le cas, sachez alors que vous risquez de ne plus pouvoir vous coucher à vos heures habituelles, tant l’histoire est palpitante!

L’auteur et penseur Eli GOLDRATT, décédé en 2011, nous propose un roman qui parle du sauvetage d’une usine dirigée par Alex Rogo, le héro du livre, mais également de la préservation de son mariage avec sa femme Julie, avec laquelle il élève deux enfants, David et Sharon. Cette relation délicate entre vie professionnelle et vie privée permettra à bon nombre de chefs d’entreprises de pouvoir s’identifier au personnage principal du livre, ce qui va sans aucuns doutes faciliter leur adhésion. Notons au passage que c’est une excellente tactique de marketing de la part de l’auteur! Mais au travers de ce récit industriel, Eli GOLDRATT cherche avant tout à nous transmettre les préceptes de la théorie des contraintes.

Le patron, Alex Rogo, aidé par les questionnements de son ancien professeur de physique Jonah, va réussir à transformer son entreprise qui est au bord de la faillite, en entreprise seine et profitable. Jonah représente en fait le consultant qui sait et qui connait, en référence à l’auteur lui-même. Il applique une démarche scientifique systématique, empreinte de logique et de bons sens. Cette méthode de résolution des problèmes respecte la séquence observation, hypothèse, vérification puis application.

En posant des questions « socratiques » – autrement dit scientifiques – Jonah va permettre à Alex et à toute son équipe de management de comprendre puis de proposer des solutions d’améliorations « disruptives » pour tenter de sauver leur entreprise. Les esprits critiques noterons toutefois que les employés sont totalement ignorés de la démarche, ce qui montre les limites de la comparaison entre cette méthode et les pratiques lean. Est-ce parce que les collaborateurs n’ont pas les compétences pour pratiquer cet exercice scientifique ? Est-ce parce que l’auteur est élitiste ? Est-ce parce que les simples employés ne sont pas la cible du livre et qu’ils n’ont pas le pouvoir d’engager des consultants pour mettre en œuvre les pratiques préconisées dans cet ouvrage ? Il y a certainement un peu de vrai dans tout cela, mais il faut également avouer que la théorie des contraintes nécessite de prendre de la hauteur, en se détachant des détails, afin d’avoir une vision globale du système et de la complexité des problèmes, ce qui est bien souvent inaccessible aux employés.

La première question soulevée par Jonah pour identifier les difficultés de l’entreprise et les pistes pour la sauver, consiste a déterminer, avant toute chose, le but de l’entreprise. C’est l’un des fondements de la théorie des contraintes qui affirme que tout système organisé a un but mesurable. Après réflexion, il semble évident que le but d’une entreprise consiste à gagner de l’argent pour assurer sa survie puis sa croissance. Mais il est vrai que la question vaut la peine d’être posée, puisque bien des personnes se perdent dans des dédales d’indicateurs et d’objectifs secondaires. D’ailleurs, le patron Alex Rogo et son équipe mettent du temps pour le définir eux-mêmes, étant empêtrés dans leurs problèmes journaliers et dans leurs méthodes de reporting axées uniquement sur l’augmentation de la production et la diminution des coûts.

Pour atteindre ce fameux but, il faut travailler sur les trois axes principaux suivant:

  1. augmenter le throughput, c’est-à-dire augmenter le rythme avec lequel le système génère de l’argent par les ventes réelles ;
  2. réduire les stocks , c’est-à-dire de diminuer l’inventaire qui correspond à tout l’argent que le système a investi pour acheter la matière et les biens qu’il prévoit de vendre ;
  3. réduire les dépenses de fonctionnement qui représentent tout l’argent que le système dépense pour transformer les stocks en throughput.

Ces trois axes offrent une vision du cash-flow de l’entreprise, c’est-à-dire du flux de trésorerie généré par l’activité économique. Agir sur un seul de ces trois axes n’est pas suffisant et peut même se montrer contre-productif pour l’entreprise.

Une fois cette vision du but clairement définie, il s’agit d’identifier les contraintes du système qui empêchent l’atteinte de ce but. L’objectif étant de renforcer ces contraintes de manière prioritaire et systématique.

La théorie des contraintes a pour principe fondamental que le flux généré par une organisation est limité par au moins un processus, que l’on nomme alors goulot. Il s’agit en fait du maillon faible qui est à l’origine des files d’attentes et de la désorganisation de l’entreprise. C’est à cet endroit uniquement que la production de valeur peut être augmentée. Dans ce cadre, on peut affirmer qu’une heure de perdue à un goulot correspond à une heure définitivement perdue pour l’entreprise, car elle ne pourra pas se rattraper. En fait, c’est le throughput de l’ensemble de l’usine qui sera amputé du volume que le goulot aurait dû produire pendant cet arrêt. Une autre manière de définir un goulot consisterait encore à dire qu’il s’agit d’une ressource dont la capacité est égale ou inférieure à la demande placée sur elle, alors que toute ressource qui a une capacité supérieure à la demande est un non-goulot.

En suivant ce postulat, la charge d’un non-goulot se trouve être peu critique pour l’entreprise. Une heure de perdue sur un tel processus n’étant pas considérée comme une heure de throughput perdue. C’est pour cela qu’Alex Rogo ne s’offusquera plus de voir un ouvrier d’un non-goulot lire le journal. Peut-être même qu’il pourrait contribuer à faire gagner de l’argent à l’entreprise, pour autant que son inaction permette aux goulots de fonctionner à 100% de leur capacité, sans accumuler de stock entre les processus.

Notons en passant que la théorie des contraintes est à l’origine de la gestion de projet basée sur le chemin critique, construit à partir des tâches, de leur durée et de leurs interdépendances.

Etonnamment, il ne faut pas voir le goulot comme quelque-chose à supprimer dans l’entreprise. Il faut plutôt le voir comme un levier permettant d’augmenter la performance globale du système. Prenons l’exemple de la marche d’Alex Rogo avec le groupe de scouts de son fils. Il constate que, même si tous les enfants avancent à la même vitesse, inexorablement la file va s’allonger en raison des variations aléatoires qui surviennent entre les camarades (la théorie des contraintes parle de variations aléatoires sur des événements dépendants). C’est alors qu’Alex Rogo va tester des configurations de colonne différentes afin de la faire avancer plus rapidement, dans le but de faire arriver le groupe à l’heure du rendez-vous. Cette séquence du livre est très instructive sur la manière d’entreprendre cette démarche d’amélioration par les contraintes, en se concentrant sur le pauvre Herbie qui se trouve être en surpoids et bien mal équipé pour une telle marche.

Cette théorie met également en avant que la somme des optimums n’est pas l’optimum du système global. Ceci est largement oublié par nos organisations actuelles qui fixent des objectifs et des priorités maximales à chaque entité de l’organisation afin qu’elles performent au top de leurs capacités. Ces indicateurs ambitieux rassurent les dirigeants, mais ne garantissent en aucun cas la performance globale de l’entreprise, bien au contraire.

A ce stade, on peut énumérer les cinq étapes clés de mise en œuvre de la théorie des contraintes:

  1. identifier la contrainte, c’est-à-dire le goulot d’étranglement ;
  2. exploiter la contrainte en augmentant son utilisation et son efficience ;
  3. subordonner tous les processus au processus goulot ;
  4. élever la performance de la contrainte ;
  5. recommencer le cycle si la contrainte s’est déplacée.

C’est fort de ces apprentissages que l’équipe dirigeante de l’entreprise va rechercher à identifier puis optimiser la gestion des goulots, dans une dynamique cadencée par le temps que le chef de la division leur a imposé pour sauver leur site de production, c’est-à-dire trois petits mois.

Pour mener un tel projet dans un temps si court, intervient indéniablement le problème de la résistance au changement. La solution préconisée consiste, une fois de plus, à poser des questions plutôt que d’affirmer et d’imposer un discours préétabli, afin que l’interlocuteur adhère au changement par sa propre démarche intellectuelle. A ce sujet, l’auteur nous rappelle qu’il est naturel d’exprimer de la résistance au changement, car cela évite de changer chaque jour de processus ou de manière de travailler, dans un désordre et dans un chaos total. Dans ce cas, il vaut mieux résister que de changer pour changer. Le seul changement bénéfique doit rapprocher l’organisation de son but!

C’est ainsi qu’Alex Rogo va sauver son entreprise en quelques mois, puis être finalement promus à la tête de la division, au sommet de laquelle il va appliquer la même démarche systémique. Pour ce faire, il va continuer de s’entourer de personnes compétentes et rationnelles, acceptant de jouer le jeux de cet exercice scientifique.

Mais alors, qu’en est-il de son mariage avec Julie ? En consacrant tout son temps au sauvetage de son entreprise, Alex Rogo a fait le choix implicite de sacrifier sa vie de famille. Julie va donc le quitter et s’offrir le temps de la réflexion. C’est alors qu’Alex va faire le choix de la reconquérir. A nouveau, l’auteur va nous montrer comment sa méthode peut être appliquée dans les relations privées, en posant également les questions ouvertes qui s’imposent, sans se cacher derrière ses émotions et ses sentiments. Et comme il l’a préalablement fait pour son entreprise, le couple commence par s’interroger sur le but de leur mariage…

Après avoir terminé la lecture de cet ouvrage palpitant, j’avoue toutefois m’être senti bien démuni. Je n’arrivais pas à consolider les leçons de ce récit pour me faire une idée précise de la théorie des contraintes. C’est alors que je suis tombé sur le résumé de J.-H. Grossard, LE BUT REVISITÉ, qui dévoile la face cachée de ce livre. C’est un excellent résumé commenté de 50 pages, hors annexes, pour les gens pressés cherchant à comprendre rapidement les fondements de cette théorie. A noter que ce résumé est également un excellent support pour se remémorer les chapitres du livre, selon leur degré d’importance. Ce document contient également des liens pour télécharger des fichiers et des simulateurs illustrant cette théorie, comme la simulation du jeux des allumettes, le multitâche et la méthode socratique. Sur le site web http://www.theoriedescontraintes.fr, on y trouvera encore des vidéos, des quiz et des définitions.

Ceci dit, chacun d’entre nous peut se demander maintenant si les méthodes présentées dans ce livre sont applicables à son organisation singulière. Est-ce que la théorie des contraintes est la solution pour résoudre ses problèmes spécifiques ? Quels effets de bords cela risque d’entrainer dans son organisation ? Pour y répondre, il faudra vous adresser à un expert, ce qui est certainement un des objectif de ce livre. De mon côté, je peux simplement dire que, de manière générale, la mise en œuvre d’un système qui ne répond pas aux hypothèses de départ a de fort risques de ne pas fonctionner. C’est d’ailleurs la raison majeure des échecs de la mise en œuvre du lean dans bien des entreprises. Alors assurez-vous de vous trouver dans les mêmes conditions!

A noter encore que cette quatrième édition reliée comporte un prologue fort intéressant sur le modèle Toyota issu du penseur Taiichi OHNO, ainsi que du modèle Ford issu d’Henry FORD. On y explique clairement pourquoi ces systèmes ont eu du succès et pourquoi ils ont atteints leurs limites dans des environnements différents. Vous pourez ainsi mettre en résonnance ces modèles avec la théorie des contraintes.